L’accord nucléaire Rwanda–États-Unis et ses implications géopolitiques pour l’Afrique centrale Le 19 mai 2026, en marge du deuxième Sommet sur l’Innovation en Énergie Nucléaire pour l’Afrique (NEISA 2026) organisé à Kigali, le Rwanda et les États-Unis ont signé un Mémorandum d’Entente portant sur la coopération stratégique dans le domaine de l’énergie nucléaire civile1. L’accord a été formalisé entre Renee Sonderman, secrétaire adjointe principale par intérim au Bureau du contrôle des armements du Département d’État américain, et la ministre d’État rwandaise…
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2 Comments on “L’uranium est au Congo. L’accord est à Kigali.”
Pablo Tshinkobo
says:La question de la construction d’une architecture institutionnelle robuste positionnant la RDC en acteur capable de transformer ses ressources nucléaires est légitime.
Cependant il convient de se poser la question de l’opportunité et du timing.
Malgré son déficit énergétique criant, la RDC n’a t’elle que l’énergie atomique comme solution ? Le potentiel hydro électrique du pays est gigantesque. l’expertise nationale pour un développement d’une infrastructure nationale pertinente existe déjà. Le Secteur de l’énergie hydro électrique étant soumis à moins d’exigences techniques et politiques, le pays gagnerait d’avantage en se focalisant sur l’hydro électrique plutôt que le nucléaire.
Même si cela ne signifie pas nécessairement un désintérêt total en ce qui concerne le nucléaire.
De toute façon le développement de l’énergie nucléaire nécessite le développement des complexes industriels et la création de valeur au tour de la concentration de l’uranium 235 impliqueront la RDC , d’une manière ou d’une autre, comme partie prenante régionale peut importe le pays producteur de l’énergie nucléaire. Que ce soit le Rwanda ou un autre pays.
Du timing et des acteurs dans le secteur de l’énergie atomique, la RDC gagnerait à s’intéresser aux dynamiques régionales allant dans le sens de la création d’une architecture institutionnelle permettant l’exploitation de l’énergie atomique bien au delà d’une simple exportation des matières premières.
Cependant, cela doit s’intégrer dans l’environnement économique du pays qui peut avoir d’autres priorités.
Ici il est prudent d’éviter d’être dans des effets d’annonce sans réel engagement politique. Cette attitude est très souvent caractéristique des démarches du Rwanda.
Joel Kandolo
says:Merci pour votre contribution et l’argument hydroélectrique est légitime et le potentiel congolais est réel. Mais gouverner c’est prévoir dit on ; on ne peut pas négliger une ressource aussi stratégique que l’uranium au motif qu’on disposerait d’une alternative d’autant que cette alternative peine elle-même à être exploitée depuis des décennies malgré son existence.
Dans un contexte de changements climatiques et de stress hydrique croissant en Afrique, l’eau devient elle-même une ressource stratégique et potentiellement conflictuelle.
Le conflit entre l’Égypte et l’Éthiopie autour du Grand Barrage de la Renaissance en est l’illustration la plus immédiate. Le nucléaire civil via les petits réacteurs modulaires présente l’avantage de ne pas dépendre de la pluviométrie ni du débit des fleuves.
Plus fondamentalement, l’énergie est la ressource qui conditionne toutes les autres. Quelles sont les ambitions et les politiques énergétiques nationales de la RDC à court, moyen et long termes ? Quelle stratégie face aux mutations en cours sachant que le solaire ne peut pas soutenir une industrie lourde ? Un pays qui possède l’uranium, le plus grand potentiel hydroélectrique d’Afrique et un ensoleillement exceptionnel ne peut pas avancer sans vision énergétique globale et cohérente et continuer à vivre dans la grande obscurité par manque d’électricité